Kong est une ville du nord-est de la Côte d’Ivoire, située à proximité du Parc national de la Comoé. C’est une ancienne ville marchande qui fut détruite par Samory Touré en 1897, puis reconstruite.

Histoire

Arrivée de l’explorateur Binger à Kong en 1888 (gravure Édouard Riou)

Une mosquée de Kong (gravure 1892)

Elle émergea en tant que place commerciale lorsque les marchands du Mali commencèrent à faire du commerce sur le territoire peuplé par les Sénoufos. La sous-préfecture de Kong, dans la zone entre Kong et Dabakala, serait la zone originelle où les commerçants Mandé firent venir les Dioulas, qui s’installèrent à partir du XIIe siècle.

Louis-Gustave Binger écrit concernant la fondation de Kong : « […] Kong aurait été fondée à la même époque que Djenné (1043-44). Ce n’est pas impossible, mais j’en doute fort, car dans aucune histoire arabe il n’est fait mention de l’existence de cette ville, et les premiers voyageurs qui révèlent l’existence de montagnes à Kong et d’un pays portant ce nom sont : Mungo-Park et Bowdich. Barth, lui, parle de l’existence d’une ville de Kong ».

Les marchands dioula transformèrent Kong en un marché transfrontalier où l’on échangeait des marchandises du désert du nord, comme le sel et le textile, contre celles des forêts du sud (noix de cola, or, esclaves). Tandis que la prospérité de Kong croissait, ses premiers maîtres, du clan Traoré (Tarawéré), mêlèrent les traditions dioula et sénoufo et étendirent leur autorité sur les régions avoisinantes.

En 1710, Sékou Oumar Ouattara, un guerrier dioula, envahit la région et conquit la ville de Kong grâce à sa cavalerie. Il y prit le pouvoir et, sous son autorité, la ville passa du statut de petite ville-état à celui de capitale du puissant Empire de Kong, qui dominait une grande partie de la région.

Louis-Gustave Binger y entre le 20 février 1888 et y est accueilli très cordialement. Il y rencontre le roi Karamokho-Oulé Ouattara et le chef de la ville, Diarawary Ouattara, ennemis de Samory. Binger écrit : « Je reçus pendant les trois premiers jours une quantité de cadeaux, consistant surtout en mil, sorgho, ignames, poulets, viande etc. »

Sa description de la ville occupe les pages 297 à 304 de son récit. « La ville n’est pas bâtie régulièrement. Les ruelles sont tortueuses et étroites. Sur quelques petites places il y a un ficus, un dattier ou un bombax couronné de nids de cigognes ; çà et là on trouve aussi des terrains vagues desquels on a extrait de la terre à bâtir… ». On y apprend que la ville possède alors cinq mosquées ayant chacune deux minarets. Binger estime la population à 15 000 habitants. Les musulmans qu’il rencontre sont très tolérante et le commerce très actifs. Il décrit aussi les mœurs, l’habillement des filles et des femmes, les divertissements, les usages, l’organisation policière, les coiffures, la religion et l’instruction.

Il quitte la ville le lundi 12 mars 1888 avec une lettre de recommandation de Karamokho-Oulé.

Binger, lors de son voyage retour y revient le samedi 5 janvier 1889. Il y rencontre alors Marcel Treich-Laplène : « L’émotion que je ressentis est difficile à décrire. Je tombai dans les bras de ce brave compatriote, qui, à peine remis d’un long séjour à la Côte de l’Or, s’était spontanément offert pour aller me ravitailler. Il m’apportait, en plus d’une lettre de mamère, des nouvelles de quelques bons amis, qui me firent oublier toutes mes fatigues et privations ».

Binger quitte Kong le 21 janvier 1889.

Au XIXe siècle, Samory Touré détruisit la ville, qui passa sous le contrôle colonial français en 1898.

Malgré la chute de sa gloire, la Mosquée du Vendredi de Kong survécut et la ville fut en grande partie reconstruite dans le style architectural sahélien.

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